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Wise Coastal Practices for Sustainable Human Development Forum

Local and private control of water provision / Tanzania. (+français)

Posted By: Sibylle Riedmiller
Date: Monday, 17 April 2000, at 2:14 p.m.

In Response To: Water supply: a case for private control? (+français) (Article from "The Economist")

(Le texte français se trouve en dessous du texte anglais)

I tend to agree with the reasoning of the article in The Economist, on the need for private investment in and management of water provision.

Decades of multibillion US$ donor investment in water schemes in rural Tanzania under a 'Water-Free-For-All' policy have led to a hugely wasteful legacy of poorly managed and collapsed piped water systems and tens of thousands of non-functioning hand pumped wells in villages.

I have been personally involved in several evaluations of such projects that point to similar findings. 'Free' provision and state control send the wrong signals and encourage waste and mismanagement AND more importantly, where the resource is scarce and demand high, water provision is often being 'privatised' anyway by those who control access - corrupt government and NGO officials who take bribes for the allocation and repair of wells and hand pumps and illegal household connections to schemes. Even after the end of the 'Water-Free-For-All' policy in the early nineties, fees paid by villagers for the maintenance of water schemes were found to be commonly embezzled by non-accountable village governments. As a result, in some cases village user groups in rural Tanzania, consisting mainly of women, were found to also 'privatise' their particular hand pumped well, pay for the maintenance again and control access to that water. These privatised hand pumps were then the only ones still functioning!

Today, the most successful projects of rural water provision in Tanzania are the ones where households buy shares of limited companies set up for local water provision. Such shareholders have far more power to hold water system managers accountable for the use of their water fees, than had been the case before, with centralised state-run systems and local and village governments in control that had not been democratically elected.

So let us acknowledge a stark reality particularly in Third World countries: the so-called 'public' control by the state, local governments and donor-dependent NGOs does NOT necessarily encourage rational use and fair distribution of a scarce resource that would also benefit the poor. Therefore, the solution seems to be, not 'local VERSUS private control of water resources', but 'local AND private control'. Where users have a strong stake in the investment and maintenance of water systems, chances are better for economical and accountable distribution and management.

Unfortunately, in international conferences, donor and NGO representatives often tend to equate 'private' to 'multinational'. This seems to be the case when the author of The Economist article observes that 'those most likely to shame governments into reform, the nongovernmental organizations, are equally uncomfortable with being seen to back profits for multinationals'. It may sound cynical, but governments, donors and NGOs may also have a hidden agenda here. Despite the hugely wasteful failed projects, they have all made excellent earnings, at the expense of the taxpayer, with the 'Water-Free-For-All' policy. After all, the taxpayers' money did NOT simply go down the drain. It paid for expatriate technical advisors and consultants, massive construction of schemes, heavy importation of equipment, byzantine management bureaucracies and uncontrollable overheads. Therefore, let us be realistic about this: governments, donors and NGOs are also stakeholders that want to stay in business!

As The Economist says, 'the poor care far less about profits flowing to private firms than about water flowing from their taps' (or pumps). More so, if they can have an even minute share in a local water company. And the chances are, the less the national and international so-called public stakeholders are involved in this, the more affordable it may become for the poor.

Sibylle Riedmiller,
Project Director,
Chumbe Island Coral Park, Tanzania.

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CONTRÔLE LOCAL ET PRIVÉ DE L'APPROVISIONNEMENT EN EAU / TANZANIE

Je suis plutôt d'accord avec le raisonnement développé dans l'article de The Economist, sur la nécessité d'investissement privé et de gestion en matière d'approvisionnement en eau.

Des décennies d'investissement, par milliards de dollars US, par les donateurs, dans des schémas de gestion de l'eau pour les zones rurales de Tanzanie, dans le cadre d'une politique 'd'eau gratuite pour tous' n'ont laissé en héritage qu'un immense gaspillage, qui se traduit par des systèmes d'adduction d'eau à l'abandon et mal gérés, ainsi que des dizaines de milliers de puits à pompage manuel hors-service dans les villages.

J'ai moi-même participé à plusieurs évaluations de projets similaires qui soulignent des résultats identiques. L'annonce d'un approvisionnement 'gratuit' en eau et l'existence d'un contrôle gouvernemental envoient de mauvais signaux, et encouragent le gaspillage et la mauvaise gestion, ET, qui plus est, quand la ressource est rare et la demande forte, l'approvisionnement en eau est de toute façon souvent 'privatisé' par ceux qui en contrôlent l'accès - les gouvernements et les représentants d'ONG corrompus qui acceptent des pots de vin pour l'affectation et la réparation des puits et des pompes manuelles, et pour connecter illégalement des habitations au réseau. Même après la fin de la politique de 'l'eau gratuite pour tous' au début des années 90, les frais payés par les villageois pour l'entretien des systèmes d'approvisionnement en eau ont continué à être détournés par des autorités villageoises qui ne rendent pas de comptes. Aussi, dans certains cas, des groupes d'utilisateurs dans les villages, composés essentiellement de femmes, ont privatisé leurs propres puits à pompage manuel, continuent de payer l'entretien, et contrôlent l'accès à cette eau. Ces pompes manuelles privatisées étaient les seules fonctionnant encore!

Aujourd'hui, les projets ruraux d'approvisionnement en eau qui connaissent la plus grande réussite en Tanzanie sont ceux dans lesquels les ménages prennent des parts dans des sociétés anonymes montées pour fournir un approvisionnement local en eau. De tels actionnaires sont alors bien plus en position de force pour demander aux gestionnaires des systèmes d'approvisionnement des comptes sur l'utilisation de leur taxe sur l'eau qu'ils ne l'étaient auparavant, avec un système contrôlé par un état centralisé et des autorités villageoises et locales qui n'avaient pas été élues démocratiquement.

Admettons la réalité telle quelle, en particulier dans les pays du Tiers Monde : le soi-disant contrôle 'public' par l'état, les autorités locales et les ONG dépendantes des bailleurs de fonds, n'encourage pas nécessairement une utilisation rationnelle et une distribution équitable d'une ressource rare dont devraient bénéficier aussi les pauvres. La solution ne semble donc pas être 'contrôle local CONTRE contrôle privé des ressources en eau' mais 'contrôle local ET contrôle privé'. Lorsque l'investissement et l'entretien des systèmes d'approvisionnement en eau sont un enjeu majeur pour les utilisateurs, il y a davantage de garanties qu'existent une distribution et une gestion qui soient économiques et contrôlables.

Malheureusement, au cours des conférences internationales, les représentants des bailleurs de fonds et des ONG ont tendance à assimiler 'privé' à 'multinational'. C'est ce que semble indiquer l'auteur dans l'article de The Economist qui observe que 'ceux qui sont les premiers à faire la leçon aux gouvernements pour qu'ils réforment cette situation, à savoir les organisations non gouvernementales, sont tout aussi mal à l'aise lorsqu'ils sont pris en flagrant délit de favoriser les profits des multinationales'. Cela peut paraître cynique, mais les gouvernements, les bailleurs de fonds et les ONG peuvent aussi avoir ici des intentions cachées. Malgré les projets qui ont échoué et qui ont entraîné d'énormes gaspillages, ils n'en ont pas moins obtenu, aux dépends des contribuables et grâce à leur politique de 'l'eau gratuite pour tous', d'excellents profits. Après tout, l'argent des contribuables N'A PAS fini purement et simplement dans le caniveau. Cet argent a payé les conseillers et consultants techniques expatriés, les énormes projets de construction, l'importation massive d'équipement, les bureaucraties à la gestion byzantine et les frais généraux incontrôlables.

Comme le souligne The Economist 'Les pauvres s'intéressent beaucoup moins aux flux de profits en direction des entreprises privées qu'à l'eau qui coule de leurs robinets' (ou de leurs pompes). Et ce d'autant plus s'ils peuvent posséder même une part minime dans la compagnie des eaux locales. Il est probable que moins les soi-disant actionnaires publics nationaux et internationaux seront impliqués dans tout cela, plus cela deviendra abordable pour les pauvres.

Sibylle Riedmiller,
Directeur de projet
Parc corallien de l'Ile de Chumbe, Tanzanie

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